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Profession Reporter à partir du 16 août

Qui n'a pas rêvé un jour de changer d'identité ? Pour David Locke, reporter fatigué qui n'y croit plus, l'occasion se présente à la lisière d'un désert d'Afrique noire. Dans un hôtel perdu, il maquille sa propre mort et se fait passer pour un autre, qui vient de décéder. Une nouvelle vie commence, hypothétique, improvisée, risquée. L'ex-David Locke endosse le rôle délicat de trafiquant d'armes. Il est un peu pataud dans cette drôle de fiction, qui s'offre dorénavant à lui.

La crise ou quête métaphysique est combinée à une sorte de jeu. C'est l'élégance d'Antonioni — il aime ce qui est en suspens, ce qui échappe au sens et au temps. De Munich à Barcelone, le cache-cache, les filatures et les courses-poursuites tiennent autant du polar que des faux-semblants d'enfants qui joueraient à être des grands. Un peu lâche, ambitieux mais trop détaché pour s'accrocher à une quelconque profession, l'ancien journaliste n'est plus personne et se cherche un peu partout. Un ange aux cheveux noirs bouclés (Maria Schneider) le protège un temps. Leur fuite avec armes et peu de bagages les mène au fin fond de l'Andalousie, aux portes d'un autre désert. L'homme incite alors la femme à partir : il pressent que son destin se joue dans cette chambre avec vue sur tous les possibles. — Jacques Morice (Télérama)