EVENEMENT

Leto

"Présenté en compétition le mercredi 9 mai à Cannes, le film de Kirill Serebrennikov (“L’Eté”, titre français) nous dévoile à travers le parcours de Viktor Tsoï, idole des jeunes dans la Russie de Brejnev, un pan méconnu de l’histoire du rock soviétique. Superbement baroque et inventif. (...)

Leto nous fait découvrir tout un pan de l’histoire du rock russe, largement ignorée. Et avec elle un formidable courant d’énergie, d’ébullition créatrice, malgré la chape de plomb soviétique. Dès la première image de concert, on est dans l’ambiance : il est interdit au chanteur d’hurler, et le public est sommé de rester assis, sans bouger. Autant dire que les rockers de Leto sont bridés. Un narrateur sarcastique surgit parfois, tel un joker, au milieu des séquences, pour dire et montrer tout le désordre punk, en version anglo-saxonne, qu’aurait pu provoquer telle ou telle friction, dans le train ou dans la rue. Non, ce n’est pas l’Angleterre, mais la Russie de Brejnev. Ce qui rend encore plus vitale et précieuse cette passion du rock, vécue en loucedé, sans être non plus clandestine – le film est savoureux sur les pourparlers avec le comité de censure. (...)

Kirill Serebrennikov, toujours assigné à résidence, rappelons-le, s’autorise beaucoup de liberté, dans la conduite du récit et se montre très ludique, visuellement. Il recourt à de l’inscrustation argentée, fait chanter par des gens du peuple Psycho Killer (The Talking Heads), The Passenger (Iggy Pop) ou Perfect Day (Lou Reed). Servi par une mise en scène étourdissante, le film est baroque, généreux, riche en personnages truculents, tourné vers une lumière tout aussi gaie que mélancolique. Celle de la glasnost qui s’annonce, vers la fin du film. Mais qui a sacrifié nos deux rockers, plus saints que démons, fauchés en pleine jeunesse. Viktor est mort en 1990, Mike l’a suivi un an après". Télérama

 

 


affiche Leto
De : Kirill Serebrennikov
Avec : Roman Bilyk, Irina Starshenbaum, Teo Yoo, Filipp Avdeyev, Evgeniy Serzin...
  02h06